
Le stockage est au tournant des préoccupations environnementales et des évolutions réglementaires. Innovation à PotatoEurope 2012, le pôle stockage présente des informations spécifiques pour cette phase essentielle de la préservation de la qualité des tubercules. Il donnera également l’occasion de présenter la nouvelle édition de la brochure stockage.
Michel Martin : C’est en effet la première fois qu’un tel pôle technique dédié au stockage est présent sur cette manifestation. Nous évoquions plutôt cette thématique lors de réunions d’information en salle destinées aux filières et dans le cadre de nos actions de formation. Nous allons nous concentrer particulièrement sur les nouveautés. Par exemple, l’inhibition de la germination. Depuis 2008, de nouveaux inhibiteurs de germination ont été autorisés, que ce soit par le développement de nouvelles spécialités commerciales ou de molécules déjà inscrites, par exemple avec de nouvelles formes d’application comme la pulvérisation à la mise en tas. Dorénavant, il existe également deux nouvelles matières actives d’origine naturelle, l’huile de menthe et l’éthylène qui sont d’ailleurs utilisables en agriculture Bio. Arvalis - Institut du végétal n’a pas vocation à assurer la promotion de tel ou tel produit, mais nous allons expliquer les mécanismes d’action, les points forts de chaque solution en nous appuyant sur les résultats de nos essais, réalisés le plus souvent en collaboration avec les sociétés concernées. L’objectif est de contribuer à la bonne stratégie d’application des produits selon la situation particulière du producteur : efficacité à long terme, lutte contre les germes internes, baisse des teneurs en résidus dans les pommes de terre de conservation, levée d’un frein pour la production en agriculture Biologique…
Michel Martin : La réduction des freintes durant la conservation relève à la fois d’une question de présentation, les tubercules pouvant flétrir en cas de fortes pertes en eau, mais aussi de rentabilité. Même en l’absence de dégât majeur de type facettes, les pertes en poids peuvent aller jusqu’à 7 voire 10 % ce qui est autant de pertes économiques ! Nous présenterons un panel de précautions pour limiter ces pertes et optimiser au final le coût de production sur le rendement net du producteur. Cela passe notamment par la bonne maîtrise des paramètres physiques du stockage, température, hygrométrie et pression de vapeur d’eau dans le bâtiment, mais aussi la bonne gestion de la température à la récolte.
Mais n’y a-t-il pas également une dimension environnementale à considérer ?
Michel Martin : Il s’agit là du troisième grand axe de notre pôle stockage avec les inhibiteurs de germination et la réduction des freintes : comment limiter l’impact du stockage sur l’environnement. La première clé se trouve dans le nombre d’heures de fonctionnement des équipements de ventilation et de réfrigération. Celui-ci impacte autant le coût de fonctionnement des installations que l’empreinte carbone de la production. Quelles sont les marges de manœuvre sur ce nombre d’heures ? Deux pistes principales peuvent être avancées : une bonne gestion des différentiels de température et le recours aux options d’équipement, notamment l’utilisation de l’air extérieur en lieu et place d’une utilisation exclusive de froid artificiel.
Michel Martin : Nous allons effectivement présenter les principales évolutions des équipements frigorifiques. Mais aussi l’obligation réglementaire d’un contrôle régulier de ces installations afin de contrôler l’absence de fuite. Après le retrait progressif, depuis une quinzaine d’années, des fluides frigorigènes ayant un effet sur la couche d’ozone en cas de libération dans l’atmosphère, la préoccupation actuelle vise l’impact potentiel des fluides frigorigènes sur le réchauffement climatique.
Des solutions pour limiter la quantité de fluide mise en œuvre existent aussi. Ainsi, on reparle de plus en plus de la détente indirecte utilisant l’eau glycolée comme fluide frigoporteur. C’est cette dernière et non plus le fluide frigorigène qui circule dans la tuyauterie allant au bâtiment de stockage. L’évaporateur est donc plus petit et le volume de fluide moindre, dans une proportion pouvant aller de 5 à 1 ! Cette méthode comporte d’autres avantages comme la réduction des points de fuite potentielle et une température d’évaporation inférieure. Les constructeurs proposent désormais des installations préfabriquées à un prix plus abordable.