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POLE : Prophylaxie et protection des cultures

Miser sur la prophylaxie

Tout problème évité à la source est un problème….résolu… . Fort de ce constat, le pôle protection de PotatoEurope 2012 va rassembler du monde ! La mise en place de stratégies efficaces de prophylaxie faisant appel à différents leviers peut permettre de diviser par deux l’utilisation de solutions chimiques, sous réserve d’utiliser tous les leviers à disposition et de les combiner au mieux.

Quel message fort trouveront les producteurs sur le pôle protection ?

Denis Gaucher : La première règle d’une bonne protection, c’est la gestion globale des risques à l’aide d’une bonne prophylaxie. Il ne s’agit pas de lutter contre une maladie en favorisant un autre problème. Le pôle est donc construit pour présenter l’état des connaissances afin que chacun puisse construire un raisonnement global. Nous allons notamment insister sur les leviers pour une efficacité maximale des stratégies de protection.

Quel levier préconisez-vous d’actionner en premier ?

Denis Gaucher : Le levier le plus efficace et qui, pourtant, n’est pas toujours bien valorisé, c’est la gestion des déchets de culture. Ils constituent un réservoir important d’inoculum primaire pour la campagne suivante et donc un risque pour les cultures à venir. La mise en œuvre de la résistance variétale aux bioagresseurs constitue ensuite un levier qui devrait être plus souvent utilisé. Il faut après cela faire particulièrement attention au choix du plant, qui doit évidemment être sain.

Outre ce levier variétal, quelle action conseilleriez-vous ?

Denis Gaucher : La rotation des cultures est une stratégie très importante également, mais certains producteurs rechignent encore à l’appliquer. Même si de plus en plus d’entre eux allongent la rotation, il reste des bassins en monoculture voire en rotation à deux cultures. Or, quand la pomme de terre revient tous les trois ans, on augmente beaucoup les risques de parasites du sol comme les taupins, les nématodes et les limaces, mais aussi de maladies du sol comme les gales, surtout la gale commune, le rhizoctone ou la dartrose. Dans certaines zones, activer ce levier peut paraître compliqué car introduire une culture de plus réduit d’autant les surfaces disponibles chaque année pour honorer les contrats éventuels. Cependant, cette réflexion est indispensable pour assurer la durabilité de la production sur l’exploitation. Par exemple, il est possible de préconiser l’introduction d’une culture comme l’orge ou certaines cultures légumières assainissantes. A bien choisir pour qu’elles ne soient évidemment pas sensibles aux mêmes parasites… Il faut vraiment revoir le système dans son ensemble afin d’obtenir une valorisation correcte des surfaces sans pénaliser leur production future. Il existe en effet de moins en moins de substances disponibles pour assurer un assainissement chimique des sols. Introduire au moins une seconde culture paraît donc indispensable dans toutes les zones.

Les repousses constituent également un sujet de préoccupation

Denis Gaucher : Nous donnerons les grandes lignes de la lutte contre les repousses dans les différentes cultures. Afin d’éviter qu’elles ne se réimplantent définitivement dans les parcelles, il faut les gérer au plus tôt. Imaginez les mélanges de variétés quand les repousses reviennent dans une culture de pomme de terre. Par ailleurs, la gestion des calibres accentue la question des repousses. La aussi, il faut réfléchir « global ». Ainsi, la simplicité veut que les tubercules de taille inférieure au minimum commercialisable soient laissés en terre. Or, elles deviennent alors les principales causes de repousse. Surtout lorsqu’un blé suit et qu’il est implanté après un labour qui enfouit encore plus les petits tubercules. Plusieurs recherches sont donc en cours pour trouver comment valoriser ces derniers, en compostage ou en méthaniseur. Mais surtout pas en tas de déchet car apparaît alors un autre risque, celui de générer du mildiou…
Nous présenterons également les méthodes de défanage dans un contexte d’une raréfaction des produits autorisés. Il existe notamment des méthodes alliant broyage des fanes et traitement à moindre dose afin de maintenir son efficacité.

Mais le mildiou reste bien l’ennemi numéro 1 ?

Denis Gaucher : L’utilisation croissante d’outils d’aide à la décision a permis de réduire de façon extrêmement sensible le nombre de traitements en optimisant leur positionnement comme le montrent de nombreux résultats. L’outil Mileos sera d’ailleurs de nouveau mis en ligne cette année. Les stimulateurs de défense des plantes constituent une autre piste prometteuse. Enfin, nous présenterons des résultats de produits alternatifs ou à faibles risques, actuellement en test.

Pour les maladies de présentation, qu’est ce que le visiteur peut attendre ?

Denis Gaucher : L’interculture contribue à la lutte. Ainsi, un projet de recherche soutenu par le CASDAR montre que, sans obtenir un niveau de désinfection aussi élevé qu’un traitement, la conduite régulière d’intercultures avec des espèces défavorables à ces maladies permet de bien réduire la dépendance au chimique. Nous espérons également l’homologation d’un nouveau produit de traitement du sol contre ces maladies de présentation. Si elle est obtenue avant septembre, ce que j’espère, nous présenterons le matériel d’application qui permet de localiser les apports dans la raie de plantation.
Le pôle protection illustre bien comment il est possible de réduire fortement la dépendance aux produits chimiques sur la pomme de terre, que ce soit par la mise en œuvre de stratégie comme la gestion des déchets, la résistance variétale ou la rotation. Il est également possible de rendre efficaces des doses faibles comme le montre le broyage avant défanage.

Voir à Villers-Saint-Christophe

Broyer avant de défaner

 - La pratique du broyage avant le défanage se développe car elle répond aux impératifs d’Ecophyto 2018. Les fournisseurs de matériels ne s’y trompent pas et proposent de nouveaux matériels permettant de broyer et de pulvériser le défanant en un seul passage.
 - Les producteurs pourront comparer, sur des parcelles de démonstration, les résultats des stratégies tout chimique (trois programmes exposés) et physique + chimique (broyage + défanage, 4 modalités comparées). PotatoEurope 2012 donnera dans ce cadre, l’occasion de comparer concrètement l’efficacité d’un nouveau produit défanant-dessicant qui élargit la gamme disponible.